

Extraits
PAGAILLE & ALOUETTE
Extrait de "Rêveries & Paranoïa" - partie Rêveries - Lula DAWN

Se retrouver dans le même pas. Nier deux ou trois petites coquilles avortées, dans une tasse ou un sachet comme il vous plaira. Plaie de rat infectée à ras bord. Bord de la tasse ou bord de mer. L’endroit où je me noie. Noix ou noisette? Thé ou café? J’ai mis mon doigt là, au-delà du thé hier. Ou aujourd’hui? L’erreur m’induit et je ne comprends plus. Plus ou moins qu’est-ce que ça change ? Change de coup, l’œuvre dit des mensonges. Mais dans mes songes est ce que je mens? Je ne sais plus. Plumes de goélands au fil du vent l’égo est lent pour comprendre le mécanisme du cœur. Cœur en vrac et je craque. Cric crac fait le croque mort ! Il m’horripile alors que dans ma tête bêtises et mots s’empilent comme des lego dans mon égo. Hisse les voiles matelot. Matelot ou matelas qu’en sais-je ? Je suis là. Ou ailleurs qui sait. Qui c’est? Personne. Alors que le serpent sonne et ses clochettes résonnent dans ma tête. Tête d’alouette. Je te plumerais la tête. Tête de plumes ou de poils. Poil à gratter. Du gras ou du thé? Embrouillé ? Débrouille-toi. Toit sur la tête cœur en miettes, miettes de pain. Pin parasol. Et sur le sol s’écrase ma tête. Tête d’alouette.
DIVAGATIONS
Extrait de "Rêveries & Paranoïa" - partie Paranoïa - Lula DAWN

Et voilà que petit à petit, je relis. Je délie, et relie.
Jusqu’à la lie je resterais dans la folie et plus exquis en sera mon délire.
Léthargie latente.
Lancinante litanie.
Ensuite, tel le tic-tac du temps, arriveront les mathématiques, les formules algébriques et les formes géométriques.
Le tic-tac du temps qui tique comme un truc toqué. C’en est assez. La traque a commencé.
Comment c’est ?
Ma théorie est fumante comme un thé trop chaud ou comme sa tasse qui, contre un miroir se serait fracassée.
Absolument ! Oui, oui, avec pertes et fracas… Mais cassée ou coupée, la tête pourrait-elle tenir ou va-t-elle tenir tête ?
La Reine tranchera, quoi qu’il en soit.

Sur le Fil
"Encore une journée difficile aujourd’hui. J’ai sombré dans le sommeil diurne et j’ai affronté la pluie, qui m’a brûlée comme de l’acide chlorhydrique.
Son absence m’émiette.
Le souvenir de Sam me brise. Il m’a arraché l’innocence qu’il restait dans ma carcasse plus toute jeune. Je n’aurais jamais pensé qu’il en arriverait là. Qu’on en arriverait là."

Emma // Lula

Le premier cri.
La toute première respiration.
Celle qui ouvre en grand les poumons, et les vannes de la vie.
La grande Aventure commence !
​
Je n’ai pas pu faire bénéficier de la joie que procure cette toute première expiration d’air.
Je viens au monde, trois mois avant le terme, en état de mort clinique.​ Il va falloir me sonder en oxygène. Et vite. Ça prend du temps. Je suis toujours là physiquement, mais à l’intérieur, il n’y a personne. Il faut que le personnel médical s’active, sinon ma vie s’arrêtera pour de bon...
Divagations d'une auteure, Tribulations d'une handimaman
Une histoire de doudou,
extrait de "Divagations d'une auteure, Tribulations d'une handimaman" - partie Divagations d'une auteure - Lula DAWN

Buckingham.
C’est le nom de mon doudou lapin de Londres.
Un doudou. Objet transitionnel, en psychologie ; pour pallier à la séparation maternelle. Trente-trois ans d’une transition inachevée. On ne se détache jamais vraiment de sa mère. Un lien renforcé par les souvenirs, et parce que parfois je le prête à ma fille. Comme les autres frères et sœurs doudous. Les mêmes que j’avais étant moi-même enfant.
​
Un héritage qui rassure.
Une croyance de protection.
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Les doudous nous défendent contre les monstres de la nuit, qui rôdent sournoisement sous notre lit, et brisent notre candeur enfantine.
​
J’ai beau avoir grandi, j’ai beau être devenue maman… J’ai du mal à me séparer de Buckingham…


​Les goélands,
extrait de "Divagations d'une auteure, Tribulations d'une handimaman" - partie Tribulations d'une handimaman - Lula DAWN
Premier jour de la semaine, premier jour du mois de juin. L’air est bon, il fait doux. Un petit café en famille post-confinement qui fait du bien au cœur, au corps qui change et à l’âme. La famille guérit tout, comme les fondants au chocolat.
​
Retour à la maison et je te retrouve pour une séance de méditation et pour les exercices de respiration abdominale qui te font t’activer, mon Alice.
​
Tu bouges, tu tapes au fur et à mesure que je respire et me détend au son de la musique que je te fais écouter. Je ne saurai pas te décrire quel style de musique c’est, mais je sais que moi, elle m’apaise ; alors peut-être que toi aussi.
​
Je reprends conscience de ma présence dans le canapé, sortant de notre moment à deux.
Dehors, deux goélands communiquent et se répondent. Je ne sais pas ce qu’ils se disent. Mais j’aime les entendre. Cela me rappelle le temps où j’étais à cinq minutes du sable chaud et fin qui chatouille les pieds, et de la mer qui pour moi rime avec liberté. Souvenirs d’enfance et d’adolescence fugaces dans mon esprit.
On ira voir la mer et le sable chatouillera tes petits pieds tout micro, comme il le fait pour moi. On fera des châteaux de sable, ou d’énormes trous. On ramassera des coquillages pour en faire ce qu’il te plaira. Tu apprendras la différence entre un goéland et une mouette.
On écrira nos noms sur le sable et on laissera la mer les prendre, comme pour les protéger. Je mettrai de la crème solaire sur ton petit corps pour te protéger des mauvais rayons du soleil. Et si tu veux te rouler dans le sable après être sortie de l’eau, je te laisserai faire, je comprends la chaleur réconfortante du sable. On mangera des beignets, des crèmes glacées et des sorbets qui nous gèleront le nez et le cerveau.
Premier jour du mois de juin tellement différent des précédents, spécial, tout comme le prochain premier jour du mois de juin.
Tu seras là.
Tu es déjà là.
Et un jour, je te ferai mon imitation du goéland.
Coquelicot

Pays Merveilleux

​Hook,
extrait de "Pays Merveilleux" - Lula DAWN
Garde ton âme d’enfant, Garde ta douceur.
Sois comme Peter Pan, Reste un enfant.
​
Ne grandis jamais,
C’est un piège.
​
Lorsqu’on grandit,
On change, on se fait pirate.
Tel le Capitaine Crochet, On oublie l’innocence.
​
Cependant, Quelques humains comme moi
Gardent précieusement leur imagination d’enfant.
​
Les pirates sont pressés, Les pirates sont stressés, Les pirates sont énervés.
​
Et si tu prends un bateau,
Si par malheur tes aventures trépidantes
Sombrent sous les vagues trop hautes,
Sous la houle,
Sous la mer déchaînée,
Alors tend doucement la main,
Tu y retrouveras la mienne,
Pour te rattraper,
Éternellement.
Je serai ton Peter,
Tu seras ma Fée Clochette.
On s’envolera dans le ciel de Londres,
On sortira de l’ombre.
Le soleil brillera au-travers des dernières gouttelettes de pluie,
Créant le plus joli des arcs-en-ciel
Blotti dans ton sourire.

Elle était faite pour moi. Pour moi.
​
Enfin non, idéalement, elle n’était pas celle que j’attendais pour ouvrir mon cœur et l’offrir à quelqu’un… Mais la vie décide pour nous, parfois. J’aurais peut-être aimé qu’elle soit plus « saine », certes ; mais je l’aime dans son ensemble, et mes yeux ne voient plus qu’elle.
​
Elle, et son absence qui me laisse un vide béant et impossible à combler. Qui sait ? Peut-être rencontrera-t-elle quelqu’un d’autre que moi. Qui correspondra mieux à ses attentes. Peut-être même qu’un jour elle aura même le ou les enfants que nous n’aurons jamais. Mais c’est dur. Vraiment.
​
Parce que ouais, j’suis amoureuse. Tellement. Depuis le premier jour.
​
Malgré les épreuves qu’on a traversées, malgré sa mémoire en vrac et ses deux mille questions à la seconde, malgré ses idées parfois très arrêtées. Même si elle est épuisante et incroyablement têtue. Même si elle s’est barrée en mode ninja et qu’elle aimera peut-être un ou une autre. Même si elle est loin d’être parfaite et qu’elle est abîmée de tous les côtés. Même s’il se peut qu’elle n’ait plus de sentiments à mon égard. Même avec tout ça.
​
Je l’aime tellement. Mon absente. J’ai si mal. Sa présence mentale est immense, mais ce n’est rien en comparaison de l’écho de son absence qui résonne constamment et me déraisonne.
​
Putain Lilith… Mais où t’es, bordel ?!
Explore,
Attise ta curiosité,
Entretiens ton propre pays de merveilles imaginaires,
Abuses-en,
Chéris-le.
Ô, ma tendre fille,
Ne deviens pas un pirate.
Ris,
De toutes tes dents,
De toute ton âme, de tout ton cœur.
Le rire,
La meilleure des armes,
La plus précieuse.
Garde ton âme d’enfant,
Ma douce et belle création.
Divagations d'une auteure - Pleine Lune